





Gaëtano Stella et moi-même, accompagnés par Jean Ruwet (Belgique), nous avons représenté l’Union Mondiale des Professions Libérales (UMPL) aux Nations Unies à Genève le jeudi 12 juin.
Nous avons participé à la 113e session de la Conférence Internationale du Travail sur la Coalition mondiale pour la justice sociale, accélérateur mondial pour l’emploi. Ce Forum annuel de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) s’inscrivait dans la continuité des efforts collaboratifs en cours, avec des Sessions Plénières et des travaux en commissions.
En matinée, le thème principal se penchait sur les salaires décents : un moteur du développement social et économique.
En résumé, il faut tenir compte des réalités de chaque pays. Il y a souvent trop de règles et devoirs qui empêchent les entreprises d’avancer. Un travail entre les gouvernements et les titulaires de professions libérales est indispensable pour diminuer les charges.
Les Nations Unies veulent en faire plus pour surmonter les défis et améliorer la justice sociale.
L’égalité de salaire homme/femme a été évoquée.
Nous vivons un changement démographique, avec un basculement économique.
L’OIT doit rassembler plusieurs secteurs, dont la santé.
Sans la santé, il n’y a pas de travail.
Les deux secteurs essentiels sont l’éducation et la santé.
L’OMS et l’UNESCO aimeraient participer à ces débats.
L’OIT pourrait gérer une plateforme globale, avec une bonne méthodologie pour avancer.
En conclusion de cette thématique, il faut des salaires décents et vitaux, à indexer en fonction du coût de la vie.
On ne peut plus continuer à devoir travailler en restant pauvre, d’où la nécessité d’un salaire minimum.
Enfin, le monde du travail doit être rendu plus humain et plus juste sur le plan international.
Un appel nous est lancé en vue d’actions concrètes au sein d’une coalition mondiale.
Rendez-vous dans un an pour en voir l’évolution.
En après-midi, la session se penchait sur les Entreprises responsables pour des sociétés inclusives et durables.
La responsabilité des entreprises, c’est leur durabilité, avec les impératifs liés au travail dans le respect des droits humains.
Ici aussi, on relève l’importance de la justice sociale.
Plusieurs pays issus de différents continents nous ont partagé leurs expériences en matière de justice sociale :
1. La Suisse : Confédération, avec des initiatives partant de la base, reprenant des soucis environnementaux. La Suisse a un plan d’action nationale. Ces approches sont gérées avec la société civile, les syndicats, les secteurs privés et les autorités publiques.
2. Le Botswana : Importance des droits humains, en accord avec les droits des travailleurs. Ils ont des « gardiens des droits » pour permettre aux travailleurs de « jouir de l’endroit ».
Les travailleurs doivent connaître leurs droits. Les entreprises pensent souvent « durabilité » mais rarement « aspect social ». Leurs syndicats doivent travailler dans le respect des droits des travailleurs, qui craignent l’intimidation des employeurs.
Il faut leur enseigner à vaincre cette peur. 70 % des travailleurs sont des jeunes qui ignorent leurs droits fondamentaux. Mais attention à une recrudescence de chômeurs s’ils sont brimés.
Le Botswana est membre de l’OIT et de la coalition.
Il est capital de connaître les institutions qui gèrent l’argent pour savoir où il va, comment il est investi, de même que son rendement. Les fonds doivent bien traiter les travailleurs, qui doivent connaître ce qu’on a fait avec cet argent.
3. La Malaisie : Il existe une Fédération des employeurs de Malaisie. 85 % des entreprises sont des PME, avec une majorité de micro-entreprises. La croissance économique est de 5 %.
Pour chaque entreprise de plus de 20 travailleurs, il faudrait un spécialiste santé et bien-être au travail. Le financement public n’est pas clair.
Si on investit dans le développement durable, on a des doutes. Il faut améliorer les contrats dans le cadre du développement durable et mettre le financement durable là où on en a le plus besoin. Souvent, on ignore où va cet argent.
Développer également un financement durable avec une finalité axée sur les retraites. La finance est un outil très puissant, mais possède des retombées positives ou négatives.
Le travail décent est durable et rentable à long terme.
En résumé, comment créer de l’argent patient pour que l’argent impatient respecte les normes ?
Un exemple en est qu’un travailleur s’intéresse à sa prime octroyée cette année, pas à celle qu’il pourrait recevoir dans 20 ans.
4. L’Inde : Le progrès doit permettre à chacun d’avancer. L’investissement est un levier très important, mais il doit s’adapter.
Il profite d’industries très productives et développées. L’informatique a créé de nombreux emplois, l’IA va en créer, ce sera bénéfique si c’est maîtrisé.
L’objectif du monde doit être le progrès du monde. Le travail permet la création du bien-être. Un travailleur a besoin d’un statut social pour épargner en toute quiétude.
Il existe un accord de libre-échange entre l’Inde et la Suisse.
5. L’Ukraine : La Suisse espère la reconstruire. Il existe une coopération au développement étalée sur 12 ans, qui est plus forte que l’aide humanitaire.
L’Ukraine bénéficie de subventions et soutiens des entreprises suisses. Un jour, l’Ukraine sera un grand marché prospère.
En conclusion, les entreprises responsables sont le fondement d’une société inclusive et le dialogue social doit continuer dans ce sens.
Pour terminer, on nous présente la firme suisse Nestlé, qui est un exemple de conduite d’entreprise cohérente.
On y retrouve la complexité de la taille qu’ont le plus souvent les entreprises agro-alimentaires.
Nestlé compte 270.000 travailleurs salariés, c’est une grande multinationale.
L’agro-alimentaire est surtout concerné au niveau des exploitations agricoles.
On note de nombreux défis, avec un devoir de vigilance sur les droits humains, le travail forcé et le travail des enfants.
Quatorze chaînes d’approvisionnement de café et cacao travaillent avec des entreprises suisses.
Il existe des plans d’action en interne, visant à la création d’un environnement favorable en faveur des droits humains.
La mise en conformité de la base est assurée par un comité directeur et un comité de pilotage, associés à de nombreux responsables dans chaque marché.
Nestlé travaille avec de nombreuses parties prenantes, dans le but d’aller de l’avant pour assurer un meilleur environnement durable des entreprises.
Bernard Jacquemin
Vice-président de l’UMPL